Delphine Gardère : ce que j’ai retenu du séisme en Haïti, c’est qu’il faut s’impliquer sur le long terme

Delphine Gardere
A l’heure où l’ouragan Matthew frappait violemment la Caraïbe et plus durement Haïti (et aussi l’Oriente de Cuba, autre sujet de préoccupation), nous étions en pleine discussions avec Delphine Gardère pour un focus sur Barbancourt à paraître dans le prochain Rumporter Magazine. Alors que se multiplient les légitimes appels au don sur la toile, nous avons demandé à Delphine de nous aider à y voir plus clair dans un maquis du business humanitaire, né du tremblement de terre, où il semble très facile de s’égarer.

Voici donc quelques éléments de réponse pour, réellement et durablement, aider un pays envers qui la France a une dette qui n’est pas prête de s’éteindre, de l’enlèvement de Toussaint l’Ouverture au racket de la dette d’indépendance.

Rumporter : De Barbancourt,  jusqu’à aujourd’hui  nous ne connaissions que Thierry votre père, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Delphine Gardère : Je suis née en Haïti et y ai vécu jusqu’à mes 15 ans avant de venir à Paris faire mes études. Mais c’est à Londres, où j’ai habité près de 10 ans, que je me suis épanouie. Dans cette ville cosmopolite et toujours en mouvement, j’ai travaillé dans le domaine de la parfumerie où j’ai rencontré beaucoup de femmes de poigne qui resteront pour moi des modèles de personnalité. Mes vies en Haïti, à Paris et à Londres m’ont rendue réellement cosmopolite. J’aime l’idée d’être citoyenne du monde.

Rumporter :  Allons directement dans le vif du sujet : est ce que la distillerie a souffert du passage de Matthew?
Delphine Gardère : Heureusement, la distillerie n’a pas souffert du passage de Matthew. Cependant le pays est une fois encore touché par une catastrophe naturelle. La filière agricole est particulièrement impactée. Je pense notamment à certains membres de ma famille, exportateurs de café et de cacao depuis 1898, dont les plans sont complètement détruits. Un vrai désastre économique lorsqu’on pense qu’un plan de café peut prendre 5 ans avant de commencer à être productif. Nombreux sont les champs de cannes qui sont également dévastés.

Rumporter : On a pu lire et constater que beaucoup de l’argent collecté post-séisme, pour la reconstruction, n’a pas été utilisé correctement. Que recommandes tu aux gens qui voudraient aider Haïti ?
Delphine Gardère : Ce que j’ai retenu du séisme, c’est qu’il faut s’impliquer avec des organismes installés en Haïti sur le long terme et qui ne cherchent pas des solutions «bouche-trous».  Un exemple d’organisme que j’admire beaucoup en Haïti, et que Barbancourt a d’ailleurs soutenu, c’est le centre GHESKIO (Groupe Haïtien d’Etude du Sarcome de Kaposi et des Infections Opportunistes). Ils font un travail extraordinaire sur la recherche contre le SIDA. Haïti est un des rare pays ou le taux d’infection du VIH/SIDA à diminuer, grâce a ce type d’organisme qui s’investisse sur le long terme en Haïti. GHESKIO a d’ailleurs gagné le prix de la fondation Bill et Melinda Gates en 2010.

Voici les noms d’autres autres organismes qui font du bon travail sur le court et long terme et que nous soutenons à travers la fondation Barbancourt :

– SOW A SEED – http://sowaseedonline.org
– FONDATION CARIS INTERNATIONAL – http://www.carisfoundation.org
– LA CHAINE DE L’ESPOIR – http://www.chainedelespoir.org/fr
– SECOURS CATHOLIQUE – CARITAS FRANCE  http://www.secours-catholique.org
– TULIPE – http://www.tulipe.org
– FOOD FOR THE POOR – http://www.foodforthepoor.org
– CARE INTERNATIONAL – http://www.care-international.org
– AGERCA – http://www.agerca.org

Merci Delphine, on va essayer de suivre tout ça de près.

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