Dégustation de 4 cuvées de la Compagnie des Indes

Quatre rhums, quatre lieux qui expriment, les uns les autres, des envies d’horizon différentes.
Quand par la soie et les croisades s’ouvrirent les routes d’Orient, ce sont les républiques italiennes et la ligue hanséatique qui tissèrent les premiers liens avec le Levant. Ces climats, chacun des grands empires coloniaux en fera sien, établissant, à tour de rôle, dès l’an de grâce 1600, leur Compagnie des Indes à laquelle ils conférèrent, non sans raison, grand monopole. On dissociait alors les Indes orientales atteignables par les routes de l’Est, des Indes occidentales rejointes par celles de l’Ouest… ces routes qui deviendront aussi celles du rhum. Des routes en devenir, mais aussi celles des guerres, qui opposeront le Portugal aux Pays-Bas, l’Empire britannique et le Royaume de France.

De ces eaux lustrales sont nées, malgré tout, des forces et des différences. Celles que l’on retrouve dans les rhums que cette nouvelle Compagnie des Indes nous offre. Fondée par Florent Beuchet, cet embouteilleur indépendant propose une gamme de rhums d’autant plus impressionnante qu’elle n’a que deux années d’existence. En rapprochant ici quatre expressions d’origines bien diverses remontant à fin 2014, la nouvelle série étant à déguster très prochainement, on comprend à quel point elles s’affirment comme étant différentes les unes des autres.

Compagnie des Indes Cuba – Sancti Spiritus 15 YO SC 67 – 45%

Nez : par son côté floral et délicatement fruité, on se prend à comparer ce rhum à un whisky des Lowlands. Cette expression assez légère manque toutefois d’un peu de structure et l’on perçoit comme un arôme de sirop qui fait ressortir le fruit (la poire williams notamment) et les épices (le poivre noir). A cela s’ajoutent la feuille de bananier et un agréable arôme de marjolaine.

Bouche : ici l’on ressent que le vieillissement est majoritairement continental et l’on ne retrouve pas la structure cubaine du rhum. De délicates notes de cannelle et de camomille font leur chemin offrant à ce rhum doux un caractère légèrement sirupeux.

Finale : lointaines notes de tabac.

Compagnie des Indes Belize – Travellers 8 YO – 44%

Nez : assez sirupeux, sur la cassonade, le sirop de noisette et le miel liquide Quelques gouttes de fleur d’oranger viennent se rajouter à l’aération après un deuxième nez plus mentholée.

Bouche : on retrouve aussi ce côté cassonade. Ça peut paraître peu mais là c’est un peu trop, cette sensation sucrée fait ressortir en arrière-plan quelques arômes éthérés d’agrume, d’abricot, de fruits à coque et de coriandre, mais elle enlève un peu du plaisir de dégustation.

Finale : légèrement mentholée, quelques traces de carvi.

Compagnie des Indes Guadeloupe – Bellevue 16 YO – 43%

Nez : il s’agit clairement d’un rhum de mélasse de cette superbe distillerie guadeloupéenne. Se bousculent ici des notes de safran, de curcuma, de pêche mais également de pomme. On regrette toutefois qu’il soit un peu trop dilué. Un deuxième nez sur le cumin léger, un peu viandé. Quelques olives noires roulent également en arrière-plan. Le caractère mentholé de ce rhum vient à l’aération.

Bouche : poudrée, très agréable, sur le safran, la carotte, la fleur d’oranger et la réglisse fourré.

Finale : sur le curcuma, la mangue, mais aussi des arômes de bois mouillé qui enlève un peu du plaisir. Là encore on regrette le manque d’intensité dû à la dilution peut être un peu trop importante de ce rhum au fort potentiel. Les tannins dilués ajoutent à son caractère poudré. Ils offrent une finale aux accents salins intéressants. Un peu d’astringence apparaît toutefois en toute fin.

Compagnie des Indes Trinidad – Caroni 18 YO (1996) SC 2 – 43%

Nez : sur le jus d’ananas, puis l’ananas bien mûr dans tous ses états, un peu « pétrolisant ». Une deuxième attaque qui n’est pas sans rappeler les jolies notes fumées comme un mezcal. Très joli nez quoiqu’un peu dilué.

Bouche: ananas victoria bien frais, un peu caramélisé, le bois de palissandre, la noisette et la noix de coco. Ici les tannins sont bien fondus.

Finale : légèrement plus phénolique malgré la réduction, quelques notes de feuilles de tabac viennent si ajouter.

 

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